Script
Le texte
Le dix-huit mars deux mille vingt, le CAC 40 avait perdu trente-huit pour cent de sa valeur en moins d'un mois. Ce soir-là j'étais dans mon canapé, mon téléphone dans la main, avec l'application de mon assurance vie ouverte, et tout était rouge, vraiment tout, jusqu'au petit graphique de la page d'accueil. J'ai gardé le pouce au-dessus du bouton pour tout retirer pendant de longues secondes. Je ne l'ai pas fait. Mais je vais être honnête avec vous, ce qui m'a retenue ce soir-là, c'était beaucoup plus la flemme que le sang-froid. Et avec le recul, cette flemme reste probablement la meilleure décision financière que j'aie prise cette année-là.
Depuis, j'ai voulu comprendre ce qui s'était vraiment passé, donc j'ai remonté le fil. Cent ans de krachs, de mille neuf cent vingt-neuf à deux mille vingt, avec une seule question en tête : qu'est-ce qui se passe après ? La chute, tout le monde l'a déjà vue en images avec les écrans rouges et les gros titres. Moi ce qui m'intéresse, ce sont les mois qui suivent, parce que c'est là que se joue la différence entre ceux qui perdent de l'argent pour de vrai et ceux qui s'en sortent. En regardant les cinq grands krachs les uns après les autres, je suis tombée sur un détail qui revient à chaque fois, et franchement il est assez contre-intuitif. Je vous le montre juste après deux mille huit.
Avant ça, je vous pose la question directement. Est-ce que vous avez un livret A plein, ou presque, et une petite voix qui vous dit qu'il faudrait faire quelque chose de plus avec cet argent ? Est-ce que ce qui vous retient, au fond, c'est la peur de tout investir la veille d'un krach ? Est-ce que vous avez déjà vu passer un titre du genre « les marchés s'effondrent » et vous êtes dit que vous aviez bien fait de ne pas y aller ? Alors cette vidéo est faite pour vous. Le cadre, je le pose tout de suite. Je ne vais vous promettre aucun rendement, investir comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. On va regarder ce qui s'est passé, avec des chiffres publics, et chacun en tirera ses conclusions.
On va commencer par le mot lui-même. Un krach, c'est une baisse brutale des marchés financiers, souvent de vingt pour cent ou plus, en quelques jours ou quelques semaines. Ce qui fait peur dans un krach, c'est moins la baisse que sa vitesse. Vous ouvrez votre application le lundi, tout va bien, et le vendredi votre épargne affiche plusieurs milliers d'euros de moins sans que vous ayez rien touché. Votre cerveau fait alors exactement ce qu'il a appris à faire depuis des milliers d'années face à un danger, il vous dit de fuir. Sur un marché financier, fuir, ça veut dire vendre. Gardez bien ce réflexe en tête, parce qu'on va le retrouver dans chacune des cinq histoires.
Je commence par la pire, mille neuf cent vingt-neuf, parce que je ne vais pas vous cacher le contre-exemple. À ce moment-là, le Dow Jones, l'indice des grandes entreprises américaines de l'époque, perd environ quatre-vingt-neuf pour cent de sa valeur entre septembre mille neuf cent vingt-neuf et juillet mille neuf cent trente-deux. Cent euros investis au sommet n'en valent plus qu'une dizaine trois ans plus tard. Et en points d'indice, il faut attendre mille neuf cent cinquante-quatre pour revoir le sommet de vingt-neuf, donc vingt-cinq ans. C'est le chiffre qu'on vous ressort à chaque fois qu'on parle de krach, et il est vrai. Il y a quand même une nuance que je trouve importante. Le journaliste financier Mark Hulbert a refait le calcul en comptant les dividendes que versaient les entreprises et la baisse des prix de l'époque, et pour un investisseur qui n'a pas vendu, le délai tombe à quelques années. Ça reste violent. Mais la vraie leçon de vingt-neuf est ailleurs : beaucoup de ceux qui ont tout perdu avaient acheté des actions avec de l'argent emprunté, ou avec l'argent dont ils avaient besoin pour vivre. Quand le marché a baissé, ils ont été obligés de vendre, au pire moment, et c'est cette obligation qui les a ruinés bien plus que la baisse elle-même.
Mille neuf cent quatre-vingt-sept, maintenant. Le dix-neuf octobre, un lundi, le Dow Jones perd vingt-deux virgule six pour cent dans la même séance. C'est encore aujourd'hui la plus forte baisse de son histoire en une seule journée. Imaginez votre épargne qui perd presque un quart entre le café du matin et le dîner. Et c'est là que ça devient intéressant. Deux jours plus tard, le vingt et un octobre, ce même indice prend environ dix pour cent dans la journée. Il a fallu à peu près deux ans au marché pour revenir à son niveau d'avant le krach, ce qui paraît très long quand on le vit au jour le jour et très court à l'échelle d'une vie d'épargnant qui place son argent pour vingt ou trente ans.
Deux mille, la bulle internet. À la fin des années quatre-vingt-dix, tout ce qui finissait par point com montait en flèche, et le Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques américaines, a perdu environ soixante-dix-huit pour cent entre deux mille et deux mille deux. Il a mis quinze ans à revenir à son sommet. Quinze ans, c'est énorme. Sauf que le Nasdaq de deux mille, c'était un pari très concentré sur un seul secteur. L'indice des cinq cents plus grandes entreprises américaines, plus large, a perdu environ la moitié et a retrouvé son niveau en deux mille sept. Puis il l'a reperdu presque aussitôt avec la crise suivante.
Parce que la crise suivante, c'est deux mille huit. Les subprimes, la faillite de Lehman Brothers, des banques qui tombent les unes après les autres. Entre octobre deux mille sept et mars deux mille neuf, ce même indice des cinq cents plus grandes entreprises américaines perd environ cinquante-sept pour cent. Plus de la moitié, encore une fois. Sauf que dans les deux ans qui ont suivi le point bas de mars deux mille neuf, il a presque doublé. Quelqu'un qui a vendu en mars deux mille neuf, au moment où l'ambiance était au pire, a donc acté une perte de plus de la moitié et il a regardé toute la remontée depuis le bord sans pouvoir rien y faire.
Bon. Le détail que je vous ai promis au début, maintenant. Si vous reprenez les journées les plus folles de ces krachs, vous remarquez quelque chose de bizarre. Le trente octobre mille neuf cent vingt-neuf, juste après les deux pires séances de la crise, le Dow Jones prend environ douze pour cent en un jour. En quatre-vingt-sept, on l'a vu, c'est plus dix pour cent deux jours après le lundi noir. Le treize octobre deux mille huit, en pleine tempête, c'est plus onze pour cent. Le vingt-quatre mars deux mille vingt, une semaine après la pire journée du Covid, rebelote, plus onze pour cent. Les meilleures journées de la bourse sont collées aux pires. J.P. Morgan Asset Management l'a mesuré sur les vingt dernières années : la plupart des dix meilleures séances de l'indice américain sont tombées moins de deux semaines après une des dix pires. Donc si vous vendez pendant la tempête, vous avez de fortes chances de rater aussi les journées qui réparent. Vous encaissez la chute, et vous loupez le rebond.
Et l'autre moitié du détail, c'est que le point bas, personne ne le reconnaît sur le moment. Dans les cinq krachs qu'on vient de voir, vingt-quatre mois après le point le plus bas, les indices étaient nettement plus hauts, parfois presque deux fois plus hauts. C'est vrai à chaque fois. Seulement on ne sait qu'il s'agissait du point bas qu'après coup, des mois plus tard, quand les journaux finissent par l'écrire. Sur le moment, le point bas ressemble exactement à un mardi de plus où tout est rouge.
Ce qui nous ramène à mon canapé de mars deux mille vingt. Cette fois-là, la chute a été l'une des plus rapides de l'histoire et la remontée aussi. L'indice mondial, le MSCI World, qui suit environ mille cinq cents grandes entreprises de plusieurs dizaines de pays, avait retrouvé son niveau d'avant crise en quelques mois, dès l'été. Le CAC 40, lui, a mis un peu plus d'un an. Donc même dans le même krach, selon l'endroit où était votre argent, l'attente n'a pas du tout été la même. Gardez ça en tête pour la suite. Et si je résume les cinq histoires, ce qui a compté à chaque fois, ce n'est pas d'avoir deviné le bon jour pour entrer ou pour sortir. C'était d'être encore là quand les bonnes journées sont arrivées.
Alors concrètement, qu'est-ce que vous faites de tout ça quand votre livret A est plein ? On va le prendre dans l'ordre, et je vous préviens, ça commence par la partie la moins excitante.
La première chose, c'est le matelas. Vous gardez trois à six mois de vos dépenses sur un livret, disponibles tout de suite, et vous n'y touchez pas pour investir. C'est exactement ce qui a manqué à beaucoup d'investisseurs de vingt-neuf. Si la chaudière lâche ou si vous perdez votre emploi en plein krach, et ça arrive vraiment, vous devez pouvoir payer sans vendre quoi que ce soit. Si votre livret A est plein, à vingt-deux mille neuf cent cinquante euros, il y a de bonnes chances que ce matelas soit déjà là, et ça, franchement, c'est une très bonne nouvelle.
La deuxième chose, c'est de n'investir que l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant longtemps. Huit ans, dix ans, plus. Un apport pour un appartement dans deux ans, ça ne va pas en bourse, parce que si un krach tombe l'année de votre achat, vous n'aurez pas le luxe d'attendre la remontée.
La troisième, c'est d'investir petit à petit plutôt que d'un coup. Vous programmez un virement, le même montant chaque mois, quoi qu'il arrive, et on appelle ça l'investissement programmé. Quand les marchés baissent, votre versement achète plus de parts, et quand ils montent il en achète moins. Ça ne vous protège pas d'un krach. Par contre ça vous évite le pire scénario psychologique, celui où vous avez tout mis la veille de la chute et où vous regardez votre seul et unique investissement fondre jour après jour en vous demandant pourquoi vous n'avez pas attendu un mois de plus.
La quatrième, c'est la diversification, et on l'a vue avec le Nasdaq et le CAC 40. Un fonds qui répartit votre argent sur des centaines d'entreprises, dans plein de secteurs et de pays, ne vous met pas à l'abri d'une baisse, mais il vous évite de dépendre d'un seul pari.
Et la cinquième, c'est celle dont on parle le moins, ce sont les frais. Dans tout ce qu'on vient de voir, il y a un seul chiffre que vous connaissez à l'avance, ce sont les frais que vous payez chaque année sur vos placements. Le marché, personne ne sait ce qu'il fera l'an prochain. Vos frais, vous les connaissez au centime. Un ou deux pour cent de plus chaque année sur dix ou vingt ans, ça grignote vraiment une bonne partie de ce que votre argent aurait pu rapporter. Donc avant de vous demander quand investir, demandez-vous combien ça vous coûte. Regardez aussi ce que finance votre argent, puisqu'un fonds rassemble des entreprises bien réelles. Chez Goodvest on fait une sélection de fonds très rigoureuse sur le plan environnemental, pour que votre argent aille vers la transition écologique plutôt que vers les entreprises les plus polluantes.
Je sais ce que certains d'entre vous sont en train de se dire, donc on va prendre les deux objections que j'entends le plus souvent.
La première, c'est : et si le prochain krach ressemble à mille neuf cent vingt-neuf ? Ça peut arriver, personne ne peut vous jurer le contraire, et c'est pour ça que je vous ai montré vingt-neuf en premier. Pour beaucoup de gens, ce qui a transformé vingt-neuf en catastrophe, c'est l'argent emprunté et l'argent dont ils avaient besoin pour vivre, placés sur un seul marché, celui de leur pays. Le matelas, la durée et la diversification répondent justement à ça. Le risque ne devient pas nul pour autant, il devient supportable.
La deuxième, c'est : je vais attendre le prochain krach pour entrer au meilleur prix. Sur le papier c'est malin. Dans la vraie vie, vous venez de voir le problème. Vous ne reconnaissez le point bas qu'après coup, et les meilleures journées tombent en plein milieu des pires. Les gens qui attendent le bon moment sont souvent encore en train d'attendre quand le marché est déjà reparti, et franchement, je comprends très bien la tentation.
OK ? On va faire un résumé rapide. Les krachs arrivent, il y en a eu cinq énormes en cent ans et il y en aura d'autres. Dans les cinq cas, vingt-quatre mois après le point bas, les marchés étaient nettement plus hauts, mais personne ne savait sur le moment que c'était le point bas. Les pires journées et les meilleures arrivent ensemble. Ceux qui ont vraiment perdu, ce sont surtout ceux qui ont été obligés de vendre, ou qui ont vendu sous le coup de la peur.
Je repense souvent à ce soir de mars deux mille vingt, au pouce au-dessus du bouton. Si j'avais vendu, j'aurais transformé une baisse affichée sur un écran en perte bien réelle, et j'aurais regardé la remontée depuis le bord, comme ceux de deux mille neuf. Aujourd'hui je sais pourquoi ma flemme a eu raison, et je préfère que vous, vous ayez une vraie stratégie plutôt que de compter sur la vôtre.
S'il y a une seule phrase à retenir, retenez celle-là. Une baisse reste un chiffre sur un écran. La perte, c'est le jour où on vend.
Dites-moi en commentaire quel krach vous avez vécu, et ce que vous avez fait ce jour-là, je suis vraiment curieuse de lire vos histoires. Je lis tous vos commentaires, donc n'hésitez pas. Si vous voulez construire une stratégie qui tienne quand les marchés tanguent, l'équipe de conseillers Goodvest peut prendre le temps de regarder votre situation avec vous. Je vous mets le lien dans la barre d'info. Pour aller plus loin, j'ai fait une vidéo qui s'affiche juste ici, n'hésitez pas à aller la regarder, et moi je vous dis à très vite pour la prochaine.
Structure
Ouverture
Ouvrez votre relevé de compte. Allez-y, je vous attends. Vous voyez des lignes à quelques euros, rien d'inquiétant. Sauf que la ligne qui vous coûte le plus cher n'a pas le nom d'un frais. Elle n'est même pas sur ce relevé. Dans cette vidéo, on lit un relevé ensemble, ligne par ligne, on fait l'addition sur un an, et je vous montre où se cache le frais que personne ne lit.
La question qui tient la vidéo
Combien vous coûtent vraiment vos frais sur un an, et où se cache le plus cher ?
Partie 1 : Le relevé que personne ne lit (et pourquoi c'est voulu)
Lire un relevé type ligne par ligne et nommer chaque frais visible.
Aurore pose un relevé anonymisé à l'écran et lit les lignes une par une : cotisation de carte, tenue de compte, retrait hors réseau.
Les frais de tenue de compte ont augmenté de 8,95 % en un an selon l'Observatoire des tarifs bancaires 2025.
Le premier retrait payant hors réseau coûte 1 euro en 2025, un montant fait pour passer inaperçu.
Les tarifs bancaires ont augmenté de 3,1 % en un an, trois fois plus vite que l'inflation de 1,0 %.
Conséquence : aucune ligne ne fait peur, et c'est justement le problème.
Partie 2 : Le frais qui tombe quand vous êtes déjà à découvert
Expliquer la commission d'intervention et pourquoi elle frappe ceux qui ont le moins de marge.
Un mois serré, un prélèvement passe alors que le compte est à découvert : la banque facture une commission d'intervention.
La loi plafonne cette commission à 8 euros par opération et 80 euros par mois et par compte, depuis janvier 2014.
Pour la clientèle fragile, le plafond descend à 4 euros par opération et 20 euros par mois.
Quatre prélèvements un mois de fin de mois difficile peuvent coûter 32 euros, soit plus qu'une année de retraits hors réseau.
Conséquence : le frais le plus lourd du compte courant tombe sur ceux qui ont le moins de marge.
Partie 3 : Le frais qui n'a pas de ligne
Montrer les frais de placement d'une assurance vie, absents du relevé de compte.
Aurore pose un relevé annuel d'assurance vie : aucune ligne en euros, seulement des pourcentages dans les conditions générales.
Les frais de gestion moyens d'un contrat d'assurance vie étaient de 0,73 % par an en 2025, selon France Assureurs.
Sur les unités de compte, les fonds prélèvent en plus 1,60 % par an en moyenne, contre 0,29 % pour un ETF actions.
Sur 10 000 euros en unités de compte, cela fait environ 250 euros par an, prélevés dans le contrat sans apparaître sur le compte.
Conséquence : le spectateur au livret plein qui place enfin son épargne entre dans la zone où les frais sont les plus chers.
Partie 4 : L'addition sur un an (et ce que vous pouvez y faire)
Additionner les frais d'un an et donner quatre gestes pour les réduire.
Aurore additionne à l'écran les frais du compte, une commission d'intervention et les frais de placement : le total se compte en centaines d'euros par an.
Geste 1 : demander à sa banque le récapitulatif annuel des frais, qu'elle doit envoyer chaque année.
Geste 2 : mettre une alerte de solde pour ne plus payer de commission d'intervention.
Geste 3 : demander les frais de son assurance vie en euros, pas en pourcentage, contrat et fonds compris.
Geste 4 : comparer avec d'autres contrats, en regardant aussi ce que les fonds financent.
Conséquence : ce que vous ne payez plus en frais reste investi chez vous.
Appel à l'action
Si vous voulez voir les frais de votre contrat en euros, le lien pour les comparer est en description.
Emplacement : Après la partie « Le frais qui n'a pas de ligne », avant « L'addition sur un an (et ce que vous pouvez y faire) ».
Conclusion
Combien vous coûtent vos frais ? Vous savez maintenant où chercher : une ligne à quelques euros sur le relevé, un frais qui tombe quand le compte est juste, et un pourcentage qui n'a pas de ligne du tout. Le plus cher était celui qu'on ne voyait pas. Et ce frais-là, c'est aussi de l'argent qui ne finance pas ce que vous auriez choisi. Si vous ne deviez retenir qu'une chose : demandez vos frais en euros. Dites-moi en commentaire combien vous coûtent les vôtres par an.
Vidéo suivante
Ne placez jamais votre épargne comme ça (l'erreur du livret plein)
Et si votre livret est plein, regardez celle-là : c'est l'erreur que presque tout le monde fait ensuite, et vous allez voir qu'elle coûte encore plus cher que les frais.